Entretien de l’ambassadeur de France avec le quotidien Iran

L’ambassadeur de France en Iran :
« Depuis l’accord de Vienne, de nombreux investissements étrangers ont eu lieu en Iran »
Iran du 04.01.2017
[Traduction intégrale]

Depuis la finalisation de l’accord de Vienne, en janvier dernier par l’Iran et les 5+1, les relations économiques de l’Iran avec les pays européens ont évolué et la coopération économique entre l’Iran et l’Europe ne cesse de se développer. De nombreuses missions sont venues d’Europe en Iran et l’Italie et la France ont été les premières destinations du déplacement du Président Rohani, un déplacement qui a vu la signature de mémorandums de coopération de l’ordre de 30 mds € entre les autorités des deux pays. Dix mois plus tard, nombre de ces mémorandums se sont transformés en contrats et sont devenus, en quelque sorte, le symbole de la mise en œuvre de l’accord de Vienne. Un de ces contrats a porté sur l’achat par l’Iran de 112 avions Airbus qui a été signé il y a de cela quelques semaines à Téhéran, après la finalisation du contrat portant sur l’achat de Boeing. Depuis, le compte à rebours a commencé pour l’atterrissage à Téhéran du premier de ces avions. Nous sommes allés trouver François Sénémaud, l’ambassadeur de France à Téhéran, pour parler de la concrétisation des mémorandums signés lors du premier déplacement du Président Rohani et portant sur un montant de 30 mds €. M. Sénémaud, qui a commencé sa mission en Iran au printemps, nous donne des chiffres impressionnants qui témoignent de l’accélération de la coopération économique : durant les dix premiers mois de 2016, les exportations iraniennes vers la France ont augmenté de 1638% et les importations iraniennes de la France de 17%. Evoquant la résolution progressive des problèmes bancaires, l’ambassadeur de France parle également de transit d’argent entre les deux pays de l’ordre de plusieurs centaines de millions d’euros. Voici le texte de notre entretien.

Lors du déplacement à Paris du Président Rohani, le premier déplacement présidentiel depuis 17 ans, 20 mémorandums ont été signés, d’une valeur de 30 mds €. Aujourd’hui, dix mois plus tard, quelle est la part de ces mémorandums qui est mise en œuvre ?

La visite du Président Rohani en France le 28 janvier 2016 a constitué une étape historique dans la mise en œuvre de l’accord de Vienne et dans la relance de la relation bilatérale. Une vingtaine de mémorandums de coopération a été signée à cette occasion. Ces documents traitent de sujets multiples et impliquent des administrations comme des entreprises. Ils traduisent tous une volonté de reprendre et d’intensifier les échanges entre nos deux pays. Depuis un an, nous sommes activement engagés dans leur mise en œuvre. Le plus important des acquis de cette visite a été la mise en place d’une feuille de route contribuant à un nouveau développement et à une nouvelle croissance des relations entre les deux pays.

Depuis que ces mémorandums ont été signés, les deux pays ont échangé de multiples délégations bilatérales d’experts. Toutefois la coopération ne s’est pas limitée à ces échanges et les plus hautes autorités des deux pays se sont également déplacées pour développer la coopération. Ainsi, en octobre, le ministre iranien de l’industrie, des mines et du commerce, et en juin, le ministère iranien des affaires étrangères sont allés en France. En avril, le secrétaire d’État chargé des transports, de la mer et de la pêche, est venu appuyer la reprise des vols d’Air France. Tout récemment, il y a eu la visite du secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur et à la recherche, accompagné d’une trentaine d’universitaires et de grandes écoles.

De nombreuses décisions engageantes ont en outre été prises par les autorités françaises pour permettre la relance de la relation économique. Nous avons par exemple ré-ouvert dès le mois de février 2016 notre dispositif public de garanties export et d’aide-projet. Nos entreprises peuvent ainsi bénéficier de garanties pour contribuer à financer leurs projets en Iran et des outils de prêts d’Etat à Etat sont disponibles pour financer les projets d’infrastructure iraniens : de premiers dossiers sont à l’étude.

La visite de M. Rohani à Paris a été l’impulsion politique qui a permis aux entreprises des deux pays d’arriver à des accords pour finaliser leurs contrats.

Quels ont été les principaux contrats signés à la suite de ces mémorandums ?

On note d’abord que les entreprises des deux pays sont dans une logique d’investissements communs pour créer des entreprises communes. Il s’agit là d’accords industriels importants avec investissements de long terme et transferts de technologie et de savoir-faire, qui font d’ores et déjà l’objet de décaissements vers l’Iran. Les deux secteurs de l’automobile et de l’énergie comptent au nombre des secteurs les plus importants de l’économie iranienne, mais aussi des secteurs qui demandent des investissements considérables et rapides. Il était donc naturel qu’après la levée des sanctions, les premiers investissements importants soient faits par les constructeurs d’automobile et Total. Ces deux secteurs sont importants mais ils ne sont pas les seuls à susciter l’intérêt de nos entreprises. Nos entreprises suivent actuellement de très nombreux projets d’investissement, dont certains devraient aboutir rapidement, dans la quasi-totalité des secteurs structurants de l’économie iranienne : énergie, transports, infrastructures, télécommunication, santé, agriculture, tourisme, services….

L’un des secteurs les plus emblématiques est celui de l’automobile. Comment se présentent les accords conclus en ce secteur ?

Les constructeurs français Peugeot et Citroën ont conclu en 2016 des accords de co-entreprises avec leurs homologues iraniens, avec des transferts de technologie et de savoir-faire, qui font d’ores et déjà l’objet de décaissements vers l’Iran. Les résultats concrets de ces accords sont visibles. Alors qu’il n’y a que quelques mois que ces contrats ont été signés, des capitaux et des équipements sont déjà en Iran. Autrement dit, les constructeurs français se préparent à mettre sur les routes iraniennes de nouveaux modèles d’automobiles dans les mois à venir. Renault a conclu également un projet avec la société IDRO pour créer une nouvelle co-entreprise.

Ces contrats concernent également les équipementiers ?

Les équipementiers ne sont pas en reste et l’un d’entre eux, Faurecia, vient par exemple d’annoncer de nouveaux accords d’investissement avec ses partenaires iraniens. Les pièces de rechange des automobiles communes seront produites en Iran.

Et comment se présentent les contrats dans le secteur de l’énergie, en particulier du pétrole ?

Là encore, des accords importants se sont concrétisés et certains sont déjà en œuvre. L’entreprise française Total a conclu dernièrement un accord engageant avec la NIOC pour le développement du champ gazier de South Pars. Total va faire un investissement considérable pour le développement de la phase 11 de ce champ gazier.

Total a également repris l’achat du pétrole iranien et ses achats dépassent aujourd’hui ceux d’avant la levée des sanctions.

Un accord passé à Paris concernait l’achat de 118 Airbus. Le chiffre avancé durant ces derniers mois est 112 le contrat vient d’être finalisé pour 100 avions. Quand est-ce que ces avions arriveront en Iran ?

Je forme le vœu d’une arrivée rapide des premiers appareils dans la flotte d’Iran Air. Je sais qu’Airbus et ses partenaires iraniens y travaillent activement, avec le soutien des autorités européennes concernées, en particulier en France. Le mémorandum conclu au mois de janvier dernier entre Airbus, ATR, et Iran Air s’est également transformé en contrats engageants, et est ainsi devenu le symbole de la mise en œuvre de l’accord de Vienne et de la levée des sanctions. Seulement quelques jours après la finalisation du contrat avec Boeing, le contrat avec Airbus a également été finalisé et nous assisterons dans un avenir proche à l’entrée des premiers de ces avions dans la flotte iranienne. Il est naturel que, avec sa population éduquée et ses entrepreneurs actifs, il soit important pour l’Iran d’avoir les avions les plus modernes.

Quand se constituera la commission mixte économique entre l’Iran et la France ?

A l’invitation de son homologue iranien, et pour faire un point d’étape sur la mise en œuvre des accords et mémorandums signés, le ministre français des affaires viendra à Téhéran, début 2017, et la première commission mixte économique entre l’Iran et la France se tiendra à Téhéran sous la coprésidence de nos deux ministres.

Le principe en avait été décidé lors de la visite du président Rohani. Elle se tiendra à Téhéran sous la coprésidence de nos ministres des Affaires Etrangères. Cette rencontre sera l’occasion de faire un point d’étape sur la mise en œuvre des accords et mémorandums signés 12 mois plus tôt.

Le volume des échanges entre les deux pays était de 4,3 mds € en 2004 et avait chuté à moins de 500 millions € en 2013. On s’attend à ce que ce volume atteigne les 5 mds €. Comme les exportations françaises vers l’Iran ont augmenté de 28% et ses importations depuis l’Iran de 11% durant les neuf premiers mois 2015, quelles sont vos prévisions à ce sujet ?

Les chiffres fournis par les douanes françaises révèlent effectivement un fort tassement de notre commerce bilatéral ces dix dernières années. Pour la première fois depuis 2010 et avant même la levée effective des sanctions, nos échanges sont repartis à la hausse dès 2015. Cette tendance s’est très largement amplifiée sur les 10 premiers mois de 2016 avec une hausse de notre commerce de près de 200%. Nos échanges ont été tirés à la fois par les exportations iraniennes vers la France, à hauteur de 986 MEUR, soit +1638 %, que par la progression des ventes françaises en Iran (+ 17%, soient 535 MEUR). Il faut bien sûr y voir la reprise de l’exportation de pétrole brut rendue possible par la levée des sanctions.

Je pense que cette reprise de notre commerce bilatéral est maintenant bien engagée. La tendance devrait maintenant s’amplifier, notamment grâce au rebond de la croissance économique en Iran, mais aussi aux positions que les entreprises françaises cherchent très activement à retrouver en Iran.

Malgré l’intérêt des entreprises françaises pour la coopération économique avec l’Iran, de nombreux problèmes bancaires persistent qui freinent la coopération. Quelles sont les solutions envisagées par le gouvernement français pour régler ces problèmes ?

Il est vrai que les plus grandes banques - françaises comme les autres - étudient toujours les modalités de leur retour en Iran. Cela pose naturellement des difficultés pour le financement de l’économie et des projets en Iran, comme pour l’accompagnement des entreprises iraniennes et étrangères dans leurs opérations de commerce international. Il y a cependant des développements positifs depuis un an maintenant. Les banques européennes de plus petite taille reviennent de plus en plus en Iran, ce qui rend les transactions notamment plus faciles. En France, plusieurs banques petites et moyennes acceptent désormais de recevoir et d’émettre des paiements depuis/vers l’Iran. Plusieurs centaines de millions d’euros ont transité par ces canaux depuis le début de l’année. Les autorités françaises travaillent activement à la diversification et à l’élargissement des canaux financiers. Avec ses partenaires européens, l’administration française nourrit un dialogue régulier avec les autorités américaines afin d’obtenir par exemple de leur part les clarifications nécessaires sur les sanctions résiduelles américaines, et soutenir nos opérateurs. Par ailleurs, comme elle s’y était engagée, la France a ré-ouvert il y a maintenant plus de 10 mois son dispositif public de garanties export et d’aide-projet. Elle a été un des premiers pays européens à la faire.

Enfin, il faut savoir que l’Iran a également son rôle à jouer pour permettre de faciliter le retour des acteurs bancaires et financiers sur son marché en contribuant à atténuer les éléments de risque encore associés à l’Iran., notamment en parachevant la réforme de son secteur bancaire et en œuvrant à se pleine intégration au GAFI. La France, comme d’autres pays européens ainsi que la Commission européenne, est tout à fait disposée à coopérer sur ce sujet avec les autorités iraniennes.

Si, depuis l’accord de Vienne, de nombreuses grandes banques ont recommencé à travailler avec les banques iraniennes, le spectre des lourdes amendes qu’elles ont dues payer lorsque les sanctions étaient en vigueur, les rend prudentes. Avec ses partenaires européens, l’administration française nourrit un dialogue régulier avec les autorités américaines afin d’obtenir par exemple de leur part les clarifications nécessaires et trouver les solutions adéquates Elle a été un des premiers pays européens à la faire. C’est pourquoi nous avons commencé, avec nos partenaires européens, des concertations étroites avec les autorités américaines pour arriver à une interprétation claire et à trouver des solutions pour régler ce problème au plus tôt. Mais il ne faut pas non plus exagérer sur les problèmes bancaires, car, depuis l’accord de Vienne, d’énormes sommes d’argent sont entrés en Iran. Ainsi de Total et des constructeurs automobiles. Donc, les entreprises ont trouvé elles-mêmes des voies pour développer la coopération. D’autant plus que depuis 2016, les échanges commerciaux des deux pays ont augmenté et des centaines de MEUR ont circulé entre les deux pays. Par ailleurs, la France a remis en place son système d’assurance des exportations vers l’Iran pour que ses entreprises puissent rendre opérationnels les contrats signés avec leur partenaires iraniens.

Compte tenu des prises de position négatives de Trump contre l’accord de Vienne durant sa campagne, quel sera l’impact de son élection sur cet accord et l’avenir des relations économiques entre l’Iran et l’Europe, notamment la France ?

La France a démontré qu’elle ne ménageait aucun effort pour une mise en œuvre complète de l’accord de Vienne. Notre conviction est que cet accord est au bénéfice de tous. Il est le fruit de durs efforts et nous devons en préserver les résultats. Par ailleurs, nous constatons que les entreprises françaises poursuivent leurs activités en Iran ainsi que la préparation de leurs investissements dans le pays. Je ne peux m’exprimer à propos de la politique que poursuivra le prochain président américain, mais la position française et sa volonté dans la mise en œuvre de l’accord de Vienne et dans le développement de sa coopération avec l’Iran ne changeront pas. En tant que membre permanent du CSNU et pays européen, la France a été l’une des parties qui ont négocié avec l’Iran, et nous avons soutenu la résolution du CSNU qui endossait l’accord. Nous considérons donc qu’il est de notre devoir de faire tout notre possible pour la mise en œuvre de l’accord de Vienne, car c’est dans l’intérêt de tout le monde.

Avant la mise en place des sanctions, la France était le quatrième partenaire commercial de l’Iran. Depuis le volume des échanges a baissé à un huitième de ce qu’il était avant. Quelles sont les conditions nécessaires pour un retour à la situation d’avant les sanctions ?

Il y a une quinzaine d’années, la France était l’un des tous premiers partenaires commerciaux de l’Iran. La période de sanctions a donné lieu à un rééquilibrage du commerce extérieur de l’Iran. La levée des sanctions permet aujourd’hui une relance des échanges avec les pays européens, et la France en particulier. Je suis frappé de constater à quel point les produits et marques français peuvent être populaires en Iran. Nous sommes honorés de la valeur qu’accordent les consommateurs iraniens aux productions françaises. Sur cette base, nous travaillons aujourd’hui à consolider et accroitre notre présence en Iran, comme le font nos partenaires européens. De plus en plus d’entreprises françaises ré-ouvrent des bureaux à Téhéran et rejoignent celles restées durant la période de sanctions. Notre communauté d’affaires française à Téhéran commence ainsi à prendre une ampleur remarquable. C’est une condition essentielle pour nouer des relations de long terme. Il faut enfin noter que la structuration du commerce a changé depuis 15 ans. C’est par exemple le cas pour le marché de l’automobile, qui représentait 60 % de nos exportations avant les sanctions. Aujourd’hui, la présence des grands constructeurs automobiles internationaux en Iran suit un modèle d’investissement et de localisation. C’est un message qu’ont bien compris les constructeurs français et c’est la voie que suivent Peugeot, Citroën et Renault, avec des investissements de long terme. La plupart des secteurs de l’économie iranienne se sont ouverts aux investissements étrangers.

Le gouvernement français et les entreprises françaises comptent parmi ceux qui se sont le plus mobilisé pour le développement de la coopération avec l’Iran. Cet essor doit se poursuivre en coopération avec les partenaires iraniens. Les entreprises et les autorités iraniennes ont également leur rôle à jouer, notamment en parachevant la réforme du secteur bancaire. C’est pourquoi les autorités iraniennes ont pris des mesures spéciales et sont en train de rendre très rapidement opérationnelles ces normes qui sont en vigueur partout dans le monde.

Les entreprises françaises veulent être présentes sur le marché iranien, mais quels sont les mesures prises par le gouvernement français pour favoriser les activités des entreprises iraniennes en France ? Quelles possibilités seront mises à la disposition des entreprises iraniennes ?

Le commerce international sert l’intérêt des peuples quand il va dans les deux sens. Les sociétés iraniennes souhaitant exporter vers la France peuvent s’appuyer sur les services d’accompagnement proposés par l’administration iranienne et les acteurs iraniens du commerce international (chambres de commerce, associations professionnelles, consultants, etc.), comme le font les entreprises françaises vis-à-vis des autorités françaises. Les autorités françaises sont par ailleurs fortement mobilisées pour améliorer la compétitivité de la France et attirer les investissements étrangers. La France est aujourd’hui un pays ouvert et compétitif et dispose d’une économie performante à la fois forte et diversifiée. Elle est située au cœur de l’Europe, premier marché du monde, et offre de cette manière une base de rebond idéale vers les marchés européens mais aussi vers ceux d’Afrique et du Moyen-Orient. Elle est donc une destination de premier rang pour les investisseurs et talents étrangers. Elle a adapté sa réglementation pour faciliter leur accueil et engagé des réformes fiscales pour mieux vivre et travailler en France. En Iran, le bureau Business France, c’est-à-dire le service commercial de l’Ambassade, s’occupe non seulement d’accompagner les exportateurs français localement mais il promeut aussi l’attractivité et l’image économique de la France, de ses entreprises et de ses territoires.

A quel point les conditions politiques et économiques iraniennes sont favorables aux investissements étrangers ? Quels sont, à votre avis, les points faibles et les points forts de ce point de vue ?

L’Iran présente de formidables opportunités pour les entreprises étrangères en général et les sociétés françaises en particulier : 80 millions d’habitants, population jeune, éduquée, essentiellement urbaine, tradition industrielle, besoins d’infrastructures modernes, rebond attendu de la croissance économique… Les entreprises françaises ne s’y trompent pas, et sont extrêmement mobilisées dans leur approche du marché iranien et la recherche d’opportunités d’investissements de long terme avec transferts de technologie et de savoir-faire. Les sociétés françaises saluent notamment l’ouverture à l’investissement étranger de la plupart des secteurs de l’économie iranienne, sans limitation de plafond de participation en capital. Elles reconnaissent aussi les bénéfices et garanties que peuvent offrir des dispositifs tels que la licence FIPA. Les investisseurs français, comme tout investisseur n’importe où dans le monde, souhaitent naturellement pouvoir compter sur un traitement équitable par rapport à un investisseur local, s’agissant par exemple des modalités d’enregistrement de produits et d’autorisations de mise sur le marché. Nos entreprises espèrent également pouvoir compter sur un maximum de lisibilité et de stabilité - dans la durée - du cadre juridique et de l’environnement des affaires en général.

Les modalités de délivrance de visa constituent un domaine qui peut aider au développement des relations. Quelles mesures ont été prises pour réduire la durée de délivrance de visa des demandeurs de visa pour la France ?

Les visas continuent un élément clef dans le développement de la coopération économique et culturelle entre les deux pays. Aujourd’hui, de plus en plus d’Iraniens veulent se rendre en France pour faire du tourisme, du commerce ou pour faire des études. Le visa délivré par l’ambassade se définit dans le cadre du visa Schengen. Ce qui permet à ceux qui l’obtiennent de circuler partout en Europe. Mais, le nombre des demandeurs de visa est tellement élevé que les délais d’attente atteignent malheureusement des semaines. C’est pourquoi, dès le début de ma mission en Iran, au printemps dernier, j’ai annoncé qu’une telle situation n’était pas acceptable. J’en ai parlé à mes autorités à Paris et nous avons décidé de mettre en place, à Téhéran, un nouveau système de délivrance de visa. Ce système deviendra opérationnel jusqu’à la fin de l’été prochain et réduira considérablement les délais d’attente. On s’attend à ce que ce délai soit réduit de moitié. Depuis trois ans, le nombre des visas délivrés pour les Iraniens a doublé. En cette année 2016, nous avons déjà délivré près de 40.000 visas, un nombre qui augmentera avec la mise en place du nouveau système. Le chemin d’accès à l’Iran sera également facilité, aussi bien pour le tourisme que pour le commerce.

Sous-titres principaux :
• Paris ne ménage aucun effort pour une mise en œuvre complète de l’accord de Vienne.
• Plusieurs centaines de millions d’euros ont transité entre l’Iran et la France.

Sous-titre secondaire :
• Nous avons soutenu la résolution du CSNU qui endossait l’accord, et, en tant que membre permanent du CSNU et négociateur, avec l’Iran, nous considérons qu’il est de notre devoir de faire tout notre possible pour la mise en œuvre de l’accord de Vienne, car c’est dans l’intérêt de tout le monde

Phrases sélectionnées en tant que résumé de l’entretien :
• Des financements colossaux ont eu lieu en Iran.
• Durant les dix premiers mois de 2016, les exportations iraniennes vers la France ont augmenté de 1638%.
• Les délais de délivrance de visa vont se raccourcir.
• Pour la première fois depuis 2010 et avant même la levée effective des sanctions, nos échanges sont repartis à la hausse dès 2015. Cette tendance s’est très largement amplifiée sur les 10 premiers mois de 2016 avec une hausse de notre commerce de près de 200%.
• Nous avons soutenu la résolution du CSNU qui a endossé l’accord de Vienne. Donc, aussi bien en tant que membre du conseil de sécurité qu’en tant que négociateur, nous estimons que nous devons tout faire pour que l’accord soit mis en œuvre, car c’est dans l’intérêt de tout le monde.
• L’Iran présente de formidables opportunités pour les entreprises étrangères en général et les sociétés françaises en particulier : 80 millions d’habitants, population jeune, éduquée, essentiellement urbaine, tradition industrielle, besoins d’infrastructures modernes, rebond attendu de la croissance économique.

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Dernière modification : 10/01/2017

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