La politique étrangère

La construction européenne

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Photo : F. de La Mure / M.A.E.
Ministère des Affaires
étrangères, quai d’Orsay (Paris)

Dès 1945, la construction européenne se trouve au cœur de la politique étrangère française. Plusieurs raisons majeures à cela : restaurer la paix et garantir la sécurité des États, consacrer la forme démocratique de gouvernement, et bâtir un espace économique et monétaire intégré susceptible de garantir la prospérité aux peuples européens.

Dès lors, le général de Gaulle, les présidents Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand et Chirac ne cesseront d’œuvrer à la concrétisation et au développement de ce socle européen pour en faire une puissance économique et une enceinte politique respectée.

Avec un produit intérieur brut de 9 710 milliards d’euros en 2003, l’Union européenne égale désormais l’ensemble nord-américain et devance l’Asie.

Le 1er mai 2004, dix nouveaux membres ont rejoint l’Union européenne. Forte de vingt-cinq pays, l’Union européenne forme le troisième ensemble de la planète avec 3 % des terres émergées, 7,5 %des habitants et le quart de la richesse mondiale.

L’élargissement, une dynamique historique

Adhésions aux communautés européennes puis à l’Union européenne...

  Une Europe à...
25 mars 1957 6 Signature du traité de Rome : France, Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg
1er janvier 1973 9 Danemark, Irlande, Royaume-Uni
1er janvier 1981 10 Grèce
1er janvier 1986 12 Espagne, Portugal
1er janvier 1995 15 Autriche, Finlande, Suède
1er mai 2004 25 Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, République Tchèque, Slovaquie, Slovénie

Les dates clés de l’élargissement

9 novembre 1989 Chute du mur de Berlin
21-22 juin 1993 Conseil européen de Copenhague : approbation du principe de l’élargissement de l’Union européenne et définition des critères que les pays candidats devront respecter en vue de leur adhésion
30 mars 1998 Début des négociations d’adhésion avec les premiers pays candidats
24-25 mars 1999 Conseil européen de Berlin : définition du calendrier financier de l’élargissement
7-9 décembre 2000 Conseil européen de Nice : modification des institutions européennes en vue du fonctionnement d’une Union européenne élargie
12-13 décembre 2002 Conseil européen de Copenhague : conclusion des négociations pour les dix pays candidats
16 avril 2003 Signature du traité d’adhésion à Athènes
Courant 2003 Ratification du traité d’adhésion dans les 25 pays
1er mai 2004 Entrée des dix nouveaux membres dans l’Union européenne
Juin 2004 Elections au Parlement européen dans les 25 pays de l’Union européenne

La sécurité internationale

En matière de sécurité, les années de la guerre froide ainsi que la période instable qui leur a succédé ont conféré à l’ensemble des nations démocratiques, dont la France, d’importantes responsabilités. Partie au traité de l’Atlantique Nord (OTAN), la France est également membre de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) et du Corps européen, au sein duquel la France compte près de 13 000 hommes.

Enfin, étant l’une des cinq puissances nucléaires, avec la Grande-Bretagne, les États-Unis, la Russie et la Chine, la France assure le maintien et l’adaptation de sa dissuasion aux nouvelles réalités stratégiques et entend prendre en compte la dimension européenne de sa défense, tout en œuvrant à l’interdiction totale des essais nucléaires et en s’engageant en faveur de la maîtrise des armements et du désarmement.

L’action au sein de l’ONU

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56e Assemblée Générale
des Nations Unies (New York)
© F. de La Mure / M.A.E. -

La politique étrangère de la France est conduite dans le respect des buts et principes de l’Organisation des Nations unies. Ceux-ci sont en effet conformes aux idéaux qui sous-tendent la tradition républicaine française. Aussi la France n’a-t-elle cessé, depuis 1945, de défendre cette organisation dont elle est le quatrième contributeur financier, avec un montant de 84,35 millions d’euros en 2004 versé au budget ordinaire de l’Organisation, et 107,57 millions d’euros attribués aux institutions spécialisées du système onusien.

Membre permanent du Conseil de sécurité, la France a participé directement à de nombreuses opérations de maintien de la paix (Proche-Orient, Cambodge, ex-Yougoslavie, RD Congo, Éthiopie-Érythrée, Sierra Leone, Côte d’Ivoire, Haïti...).

Pour l’année 2003, le montant des contributions françaises au titre des opérations de maintien de la paix a été de 140,34 millions d’euros.

La France soutient également l’action de l’Organisation en matière d’aide au développement, notamment par les contributions et l’aide technique qu’elle apporte aux principaux programmes chargés de la lutte contre la pauvreté (PNUD), la protection des enfants (Unicef) ou la lutte contre les drogues (PNUCID).

La coopération internationale

La France fonde sa politique de coopération internationale sur deux vecteurs, l’influence et la solidarité.

La Direction générale de la coopération internationale et du développement (DGCID) assure la mise en œuvre de cette politique autour de quatre axes principaux :

Aider au développement par la coopération
La France entend maintenir l’effort de solidarité à l’égard des pays les plus défavorisés, et a consacré 6,4 milliards d’euros à l’aide publique au développement en 2003. Cette somme représente 0,41% du PIB français.

La part la plus importante des crédits français d’aide au développement est consacrée à l’aide bilatérale directement apportée aux pays bénéficiaires par les administrations françaises ou leurs opérateurs.

En 2003, le développement de l’Afrique est resté une priorité de la politique étrangère française. La part de l’aide bilatérale à l’Afrique subsaharienne est aussi passée de 49 % en 2002 à 57 % en 2003.

Encourager les échanges culturels et l’usage du français
La France dispose de 151 établissements culturels français à l’étranger, installés dans 91 pays, et d’un réseau comprenant 283 Alliances françaises.

La politique de promotion du français touche 82 millions d’apprenants dans 130 pays et s’appuie sur un corps de 900 000 professeurs. L’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger coordonne les activités des 268 établissements scolaires français dans le monde.

Promouvoir la coopération scientifique et universitaire
La France entend tout à la fois appuyer l’internationalisation de la recherche française et étendre l’information sur les systèmes scientifiques des pays partenaires.

L’Observatoire des sciences et techniques et les 28 centres français de recherche installés à l’étranger assurent notamment la mise en œuvre de ces objectifs.

En matière de coopération universitaire, la France gère plus de 200 filières d’enseignement supérieur francophones dans le monde, et renforce en particulier ses relations avec des partenaires tels que l’Allemagne et les États-Unis. L’accueil des étudiants étrangers se développe : ils sont aujourd’hui 220 000 (2003).

Assurer la présence du français dans le paysage audiovisuel mondial
La présence audiovisuelle française à l’étranger se renforce, et le soutien aux opérateurs majeurs du secteur tels que la chaîne francophone TV5 et Radio France Internationale (RFI) est désormais une priorité du gouvernement.

La France appuie en outre la diffusion du cinéma et du documentaire français.

L’action humanitaire

La France accorde une place spécifique à l’action humanitaire dans sa politique étrangère, et se montre ainsi fidèle aux valeurs dont elle a été l’inspiratrice. Elle a joué en effet un rôle essentiel dans le développement de l’action humanitaire et du droit international humanitaire.

La Délégation à l’Action humanitaire du minitère des Affaires étrangères mest en oeuvre les interventions d’aide humanitaire d’urgence à l’étranger décidées par le gouvernement. A ce titre, elle coordonne l’action de ses différents partenaires institutionnels (Sécurité civile, SAMU mondial, Ministère de la Défense, ONG urgentistes, etc.).

Les crédits réservés à ces actions ont été de 9,3 millions d’euros en 2004. Sur ce total, 40 % environ sont versés sous forme de subventions aux ONG françaises opérant à l’étranger. Dans ce domaine, la France apporte également son soutien aux activités des organisations multilatérales.

En 2004, 49 millions d’euros ont été consacrés aux programmes des organisations internationales et des différentes agences humanitaires de l’ONU : Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR), Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), Programme alimentaire mondial (PAM), Office de secours et de travaux pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), Comité international de la Croix-Rouge (CICR)...

Enfin, la contribution française aux programmes mis en œuvre dans le cadre européen s’élève à plus de 100 millions d’euros. À travers ECHO, l’Office humanitaire de l’Union européenne, la France apporte son aide aux pays ou aux peuples en détresse subissant les effets de catastrophes naturelles ou de crises politiques.

La lutte contre le terrorisme

Victime du terrorisme international, sur son sol comme à l’étranger, la France a depuis longtemps montré sa détermination à combattre le terrorisme sous toutes ses formes, quels qu’en soient les auteurs.

La France, qui considère que la lutte sans concession contre le terrorisme doit être menée dans le respect des droits de l’Homme et des libertés publiques, est dotée d’une législation anti-terroriste spécifique.

Les résolutions des Nations Unies, adoptées à la suite des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, ont renforcé la coopération internationale contre le terrorisme.

La France participe activement aux travaux du Comité du contre-terrorisme des Nations Unies (CCT).

Présence française dans le monde

On compte près de 2 millions de Français vivant à l’étranger.
La moitié d’entre eux sont des résidents temporaires (durée moyenne du séjour : 4 ans). Il s’agit principalement de cadres et techniciens d’entreprises françaises, d’agents de l’État ou de membres d’organisations humanitaires.

Ils se répartissent géographiquement ainsi :



  52,9 % en Europe
  19,1 % en Amérique
  12,5 % en Afrique du Nord, Proche
et Moyen Orient
  10,3 % en Afrique sub-saharienne
  5,3 % en Asie et Océanie

L’autre moitié sont des résidents permanents parmi lesquels on compte les français à double nationalité dont la population s’est accrue de 85 % entre 1984 et 2002.

Dernière modification : 26/03/2013

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