Politique extérieure

La politique étrangère de l’Iran

L’Iran a largement normalisé ses relations avec les six pays du Conseil de Coopération des Etats arabes du Golfe, mais regrette leur proximité stratégique avec les Etats-Unis. Le principal différend qui demeure est l’occupation par l’Iran (depuis 1971) des deux îles Tonb et de celle d’Abou Moussa, dont il revendique la souveraineté. Le CCEAG soutient, comme l’Union européenne, le principe d’une solution qui serait obtenue par la négociation entre les Emirats arabes unis et l’Iran ou par une saisine de la Cour internationale de justice, deux solutions rejetées par l’Iran.

L’Iran a rétabli des relations diplomatiques complètes avec l’Irak en septembre 2004. Les visites bilatérales se sont ensuite succédé. Malgré la volonté affichée par le gouvernement iranien de coopérer avec les nouvelles autorités irakiennes, la politique iranienne en Irak continue de faire l’objet de critiques de la part des pays de la coalition et de plusieurs pays arabes de la région. Le départ de toutes les forces étrangères d’Irak reste considéré par l’Iran comme l’aboutissement nécessaire du processus de transition.

L’Iran revendique une alliance stratégique avec le régime de Damas et lui réitère régulièrement son soutien. Il suit en outre très attentivement l’évolution de la situation au Liban.

L’Iran a signé avec la Russie un accord de coopération nucléaire civile (1995) et un accord de coopération militaire et de défense (2001).

Les relations diplomatiques avec les Etats-Unis demeurent interrompues depuis 1980 (prise d’otages à l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran de novembre 1979 à janvier 1981). Un embargo sur toutes les transactions commerciales et financières avec l’Iran est en vigueur depuis 1995. Les deux pays participent à certaines enceintes de dialogue communes (ONU, conférences internationales, discussions bilatérales sur l’Irak).

L’Iran refuse toujours l’existence de l’Etat d’Israël, qualifié d’« entité sioniste ». Le gouvernement iranien déclare qu’il ne le reconnaîtrait « en absolument aucun cas », même dans l’hypothèse d’une paix entre Israéliens et Palestiniens. Les autorités françaises et européennes condamnent régulièrement, avec la plus grande fermeté, les propos inacceptables des autorités iraniennes, qui mettent en cause le droit d’Israël à exister et la réalité historique de l’Holocauste.

L’Iran et l’Union européenne

Trois cadres de dialogue Union européenne / Iran existent.

Le « dialogue global » (comprehensive dialogue) a été lancé en juillet 1998 à la suite de l’engagement du gouvernement Khatami de ne pas appliquer la fatwa contre Salman Rushdie. Il prolonge le « dialogue critique », mené de décembre 1992 à avril 1997 et suspendu à la suite de l’affaire du Mykonos (assassinat de quatre opposants kurdes dans un restaurant berlinois). Le dialogue global consiste, en principe, en des rencontres semestrielles sur des sujets d’intérêt mutuel (d’ordre politique, économique, culturel, scientifique, lutte contre la drogue, etc.) et dans les quatre domaines de préoccupation européens (armes de destruction massive, droits de l’homme, terrorisme, politique iranienne à l’égard du Proche-Orient).

La négociation d’un accord de commerce et de coopération et d’un accord sur le dialogue politique et la lutte contre le terrorisme a été lancée en décembre 2002, pour renforcer le dialogue global.

Le dialogue sur les droits de l’homme a également été lancé en décembre 2002.

Ces cadres de dialogue n’ont pas été utilisés dans la période récente.

L’Iran n’a pas donné suite aux relances de l’Union européenne en vue d’une poursuite du dialogue global (dernière session en avril 2003), alors que les deux parties étaient convenues d’organiser deux sessions annuelles.

En réaction au co-parrainage par tous les Etats membres de l’Union européenne d’une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en Iran, adoptée le 21 novembre 2006, l’Iran a refusé de participer, comme il s’y était pourtant engagé, à une nouvelle session du dialogue Union européenne / Iran sur les droits de l’homme, interrompu depuis juin 2004.

Gelée de juillet 2003 à décembre 2004 dans le contexte des préoccupations liées au nucléaire (série de résolutions de l’AIEA), puis reprise à la suite de l’accord de Paris de novembre 2004 (suspension par l’Iran de toutes ses activités nucléaires sensibles), la négociation de l’accord de commerce et de l’accord politique a été de nouveau suspendue depuis la décision iranienne de reprendre la conversion de l’uranium le 1er août 2005.

L’Iran et les organisations internationales

L’Iran est membre de l’Organisation des Nations Unies et des principaux organismes rattachés à l’ONU, de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, de l’Organisation de la Conférence islamique, de la Banque islamique de développement, du Mouvement des non-alignés, de l’Organisation de coopération économique (qui siège à Téhéran), de l’Indian Ocean Rim Association for Regional Cooperation, de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, de la Cour pénale internationale, d’Inmarsat, d’Intelsat, d’Interpol, de la Cour permanente d’arbitrage, de l’Organisation internationale pour la standardisation, de l’Organisation hydrographique internationale et de la Commission océanographique intergouvernementale.

Situation de l’Iran par rapport aux instruments internationaux de non-prolifération et de désarmement :

ratification du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (1970) ; adoption d’un accord de garanties généralisées avec l’AIEA (entré en vigueur en 1974), puis signature d’un protocole additionnel (18 décembre 2003) qui reste à ratifier ; signature du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (1996), qui reste à ratifier ; ratification de la Convention d’interdiction des armes bactériologiques (1973) et de la Convention d’interdiction des armes chimiques (1997).

Situation de l’Iran par rapport aux instruments internationaux de protection des droits de l’homme :

ratification de la Convention sur la prévention et la répression du crime de génocide (1956) ; ratification de la Convention sur l’élimination de la discrimination raciale (1968) ; ratification des deux Pactes internationaux relatifs aux droits civils et politiques et aux droits économiques, sociaux et culturels (1975) ; adhésion à la Convention sur les droits de l’enfant (1994). Le Conseil des gardiens a rejeté à l’été 2003 deux projets de loi prévoyant l’adhésion de l’Iran à la Convention sur l’élimination des discriminations à l’égard des femmes et à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Dernière modification : 28/01/2009

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